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doit rester un plaisir !

Anatomie du tube digestif

Le tube digestif est un long canal continu, ouvert à ses 2 extrémités (l'orifice buccal et l'anus) dans lequel les aliments sont transformés pour être assimilables par l'organisme.

Le contenu de ce canal est appelé "lumière" du tube digestif. Celle-ci est en contact avec le monde environnant ou milieu extérieur. La muqueuse digestive qui tapisse la face interne du tube est donc la couche la plus superficielle de la paroi digestive : tout comme la peau, c'est une barrière entre le milieu intérieur (de l'organisme) et le milieu extérieur, en l'occurrence la lumière digestive. Cette lumière peut, en effet, être considérée comme un prolongement du monde extérieur dans le corps humain.

Les segments du tube digestif sont successivement la cavité buccale, l'oesophage, l'estomac, l'intestin grêle, le côlon et le rectum (cf. Fig. 3).

Fig. 3 - Schéma anatomique du tube digestif

  • L'oesophage, relié à la cavité buccale par le pharynx, est un conduit situé dans le thorax. Il traverse le diaphragme par l'orifice hiatal et se prolonge par l'estomac.
  • L'estomac est une poche en forme de J. Sa portion verticale s'appelle le fundus, sa portion horizontale, l'antre. Il se termine par une zone rétrécie, le pylore.
  • L'intestin grêle est le plus long segment : trois mètres en moyenne chez le sujet vivant (mesuré sur un cadavre, sa longueur atteint 6 mètres). Sa partie initiale est appelée duodénum (car elle est longue de douze travers de doigt). Celui-ci a la forme d'un cadre entourant la tête du pancréas.
    Il reçoit les sécrétions pancréatiques et biliaires.
    Après le duodénum, l'intestin grêle devient libre de tout accolement et donc mobile. La portion initiale de ce grêle libre est appelée jéjunum, la portion terminale est l'iléon, mais il n'y a pas de démarcation entre ces 2 portions.
  • Le côlon (ou gros intestin) est séparé du grêle par un repli, la valvule iléo-colique. Disposé en cadre autour des anses grêles, il comprend successivement les portions ascendante, transverse, descendante puis sigmoïdienne. Le côlon ascendant, situé verticalement dans le flanc droit, débute par un cul-de-sac dilaté, placé en-dessous de l'abouchement iléo-colique : le cæcum. Celui-ci comporte une petite excroissance à sa face interne, c'est l'appendice vermiculaire (dont l'inflammation réalise l'appendicite). Le côlon transverse s'étend de l'angle droit (ou hépatique car en regard du foie) à l'angle gauche (ou splénique car en regard de la rate). Le côlon descendant, situé verticalement dans le flanc gauche, se prolonge par un segment mobile, de forme et de longueur variables : le côlon sigmoïde.
  • Le rectum est le segment terminal du tube digestif. Il comprend l'ampoule rectale (portion initiale plus ou moins dilatée) puis le canal anal (portion rétrécie) dont l'orifice terminal constitue l'anus.

Outre le tube digestif proprement dit, l'appareil digestif comprend des glandes qui sécrètent des enzymes indispensables à la digestion des aliments : ce sont les glandes salivaires et surtout le foie et le pancréas.

Le suc pancréatique, drainé par le canal du pancréas (appelé Wirsung), se déverse dans la lumière duodénale en coordination avec la sécrétion biliaire.

La bile, sécrétée par le foie puis transitoirement stockée dans la vésicule, est drainée par un canal (le cholédoque) dont l'abouchement dans le duodénum est commun à celui du canal de Wirsung. La bile ne contient pas d'enzyme mais des molécules, les sels biliaires, indispensables au bon fonctionnement des enzymes pancréatiques.

  • La paroi du tube digestif varie avec chaque segment mais présente des caractéristiques communes. Ainsi, elle peut toujours être décrite en 4 tuniques qui sont de la superficie (face à la "lumière") à la profondeur : la muqueuse, la sous-muqueuse, la couche musculaire et la séreuse.
    • La séreuse est une fine membrane mettant le segment du tube digestif en rapport avec les autres organes et les vaisseaux.
    • La tunique musculaire est formée de 2 couches (circulaire interne et longitudinale externe), douées de propriété de contraction autonome, assurant le mélange et la progression des aliments.
    • La sous-muqueuse contient des fibres nerveuses et des vaisseaux pour le transport des nutriments.
    • La muqueuse est la couche la plus superficielle et la plus variable du tube digestif. Elle contient des cellules qui produisent les enzymes de la digestion et le mucus pour lubrifier et protéger la surface.

La surface de l'intestin grêle est considérablement augmentée par un double système de replis : les valvules conniventes et les villosités. Les valvules conniventes sont des replis muqueux de 6-8 mm de hauteur sur 2 mm de largeur, qui multiplient par 3 à 10 fois la surface de l'anneau intestinal (cf. Fig. 4). Ces valvules sont elles-mêmes hérissées de petites élevures en forme de doigt d'un millimètre de long, appelées villosités intestinales. Ces villosités multiplient de 30 à 60 fois la surface intestinale, qui atteint ainsi 20 m. A l'échelon cellulaire, il existe un troisième système de minuscules expansions appelées micro-villosités qui accroissent encore la surface intestinale. Cette surface atteint alors environ 300 m.

Fig. 4 - Détail de la paroi intestinale

(d'après J.J. Bernier, Physiologie de la digestion. Ed. Doin, Paris).

Mais il faut la comparer aux dimensions (extrêmement réduites) des substances à absorber pour bien se rendre compte de son immensité. Pour ce, nous adopterons l'échelle de comparaison imaginée par J.J. Bernier. Si on attribuait à une molécule de glucose la taille d'un globule rouge (moins d'un millième de mm), les cellules intestinales auraient la dimension d'une bouteille d'eau minérale d'un litre et demi et les villosités intestinales atteindraient la hauteur d'un sapin de 5 mètres. enfin l'ensemble de l'intestin couvrirait une forêt de sapins de 1 000 hectares !

Bien que soumis à un travail considérable, l'intestin a donc de grandes réserves fonctionnelles. On estime que chaque cm d'intestin doit absorber 100 000 milliards de molécules de glucose par seconde, mais les possibilités d'absorption sont loin d'être dépassées ! Ainsi, la suppression de la moitié proximale du grêle (résection jéjunale étendue) est parfaitement tolérée (peu ou pas de diarrhée) car l'intestin d'aval est suffisant pour faire face au surcroît de travail.