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Le fonctionnement du tube digestif

Le rôle du tube digestif est d'assimiler les aliments et les boissons pris par la bouche pour qu'ils puissent être utilisés par l'organisme. Un apport régulier de nutriments et de liquides est, en effet, indispensable pour compenser les dépenses d'énergie et les pertes d'eau et assurer un bon équilibre de l'organisme.

Le tube digestif étant en permanence en contact avec le milieu extérieur (cf. chapitre "Anatomie"), il a également un rôle de défense face aux éventuelles agressions.

L'assimilation des aliments comprend, schématiquement, 2 étapes : la digestion puis l'absorption.

La digestion est, au sens strict, l'étape de fractionnement des nutriments (constitués d'assemblages complexes de grosses molécules) en petites molécules aptes à être absorbées par la paroi digestive. Ce travail de "découpage" est dévolu à l'acide chlorhydrique sécrété par l'estomac et surtout aux enzymes contenues dans les différents sucs digestifs.

L'absorption est l'étape suivante de passage des nutriments digérés de la lumière intestinale vers les vaisseaux.

Nous décrirons le devenir d'un repas, étape par étape, en citant les principales fonctions de chaque segment du tube digestif.

La digestion débute dès la bouche par la mastication et l'action de la sécrétion salivaire.

La digestion débute dès la bouche par la mastication et l'action de la sécrétion salivaire.

  • L'œsophage a un rôle de transport grâce à des contractions. Son extrémité inférieure, correspondant à son passage du thorax à la cavité abdominale, est une zone de haute pression. Cette haute pression évite le reflux du contenu de l'estomac vers l'œsophage.

  • L'estomac a un double rôle mécanique, de réservoir, et chimique, de digestion. Sa fonction de réservoir lui permet de délivrer régulièrement les nutriments dans l'intestin grêle. Cette vidange s'effectue lentement puisque, après un repas, il faut en moyenne 5 heures pour qu'elle soit complète. La digestion gastrique est réalisée par la sécrétion d'acide chlorhydrique et d'enzymes (pepsine); son rôle est mineur.

  • La sécrétion bilio-pancréatique est essentielle a la digestion des glucides, des lipides et des protides. Des enzymes sont spécialisés dans le découpage des différentes catégories de nutriments (amylase, lipase, trypsine, chymotrypsine). La bile et le suc pancréatique se déversant dans la lumière duodénale, l'essentiel de la digestion est terminé dès l'arrivée des nutriments dans la partie proximale de l'intestin grêle.

  • L'intestin grêle est spécialisé dans l'absorption des petites molécules. Mais cette absorption est intriquée avec des phénomènes de digestion, la muqueuse intestinale contenant des enzymes qui complètent la réduction des nutriments en toutes petites molécules.
    Ce double travail peut être réalisé tout au long de l'intestin grêle, mais il est effectué, pour sa plus grande partie, par le jéjunum. Seuls, les sels biliaires et la vitamine B12 ne peuvent être absorbés que par l'iléon.

L'atteinte de la dernière anse iléale étant fréquente au cours de la maladie de Crohn, arrêtons-nous aux conséquences possibles d'un trouble de l'absorption iléale (qu'il soit dû à des lésions évolutives ou à des antécédents chirurgicaux de résection).

Un défaut d'absorption de la vitamine B 12 finit par entraîner une carence quand les réserves hépatiques sont épuisées. Mais cette carence, source d'anémie, peut (et doit) être prévenue par des apports vitaminiques sous forme d'injections intramusculaires.

Les conséquences d'une sont plus complexes.

Normalement, les sels biliaires sont absorbés pour retourner au foie, puis de nouveau excrétés dans la bile (cycle entéro-hépatique). Leur présence est indispensable à une bonne digestion puis absorption des lipides (car ils entraînent une émulsion des graisses). S'ils ne sont pas absorbés, leur cycle entéro-hépatique est interrompu et les graisses seront incomplètement digérées et absorbées. Bien que les lipides soient normalement absorbés par le jéjunum, une atteinte isolée de l'iléon peut donc, indirectement, entraîner une stéatorrhée (augmentation des pertes fécales en graisses). L'absorption des substances solubles dans la graisse (mais non dans l'eau) sera également pénalisée par un manque d'agents émulsifiants tels que les sels biliaires. Ainsi, les vitamines liposolubles A, D, E et K, normalement absorbées par le jéjunum, ne pourront l'être en cas d'insuffisance en sels biliaires.

Les troubles carentiels sont plus rares mais un manque de vitamine K peut entraîner des troubles de la coagulation, et une carence en vitamine D être responsable d'un défaut de fixation du calcium sur l'os (ostéomalacie chez l'adulte, rachitisme chez l'enfant). Un apport vitaminique doit, là encore, éviter l'apparition de tels troubles.

La malabsorption des sels biliaires peut, également, avoir des conséquences en aval : s'ils arrivent en grande quantité dans le côlon ils peuvent provoquer une diarrhée par leur effet irritant sur la muqueuse colique. Cette diarrhée due aux sels biliaires peut être traitée par le Questran (cholestyramine) qui est une résine se liant aux sels biliaires. Ainsi liés, ils perdent leur pouvoir irritant sur le côlon, mais ils sont, également, moins bien absorbés et leur déplétion est donc aggravée.

  • Le côlon a un rôle mineur comparé à celui de l'intestin grêle. Il n'est, d'ailleurs, nullement indispensable à une vie et une alimentation normales. Sa fonction essentielle est de dessécher et stocker les matières fécales car elles sont encore liquides et abondantes (1,5 litre/ 4 h) quand elles sortent de l'iléon. Son travail d'absorption concerne surtout l'eau et les sels minéraux (de sodium, de potassium). Accessoirement, certains nutriments ayant échappé à l'absorption au niveau de l'intestin grêle (certains sucres) peuvent être digérés puis absorbés par le côlon. Cette digestion se fait grâce aux enzymes des très nombreuses bactéries présentes dans la lumière colique. Mais ces bactéries sont également responsables de la production de gaz...


  • Le rectum sert à régulariser l'élimination des selles (ou "exonération"). L'ampoule rectale est un organe sensible dont le remplissage provoque normalement une sensation de besoin. Son évacuation nécessite une relaxation du sphincter anal et une contraction des muscles abdominaux.

En résumé,

Tel est le fonctionnement du tube digestif. schématisé organe par organe. Mais pour coordonner les différentes fonctions d'un même organe et les différents segments digestifs entre eux, il existe un système extrêmement complexe de régulation. Cette régulation est d'origine nerveuse et hormonale, de très nombreuses hormones, agissant soit près de l'endroit où elles sont sécrétées, soit à distance.