Bien se nourrir

doit rester un plaisir !

Il existe différentes hyperlipidémies ou dyslipoprotéinémies :

- Hypercholestérolémie : augmentation isolée du cholestérol sanguin total.

- Hypertriglycéridémie : augmentation isolée des triglycérides sanguins.

- Hyperlipidémie mixte : augmentation du cholestérol et des triglycérides sanguins.

Ces hyperlipidémies peuvent être d'origine génétique (elles sont dites primitives) ou associées à un état pathologique, à un facteur comme le diabète, l'obésité, l'alcool... (on parle d'hyperlipidémies secondaires).

Les principaux risques liés à l'hyperlipidémie sont :

- risque athérogène : dépôts de plaques d'athérome = accumulation de cholestérol dans la paroi des artères, pouvant conduire à une athérosclérose (les artères se bouchent) et à une hypertension artérielle

- pancréatite aigüe (autodigestion de la glande pancréatique)

- hépotomégalie (hypertrophie du foie due à une accumulation massive de graisses)

- dépôts extra-vasculaires de cholestérol (xanthélasma) conduisant à des tumeurs bégnines de la peau.

Les hyperlipidémies répondent généralement bien à la diétothérapie.

Mais il est important de connaitre le type de dyslipoprotéinémie pour que le régime soit efficace.

Les hyperlipidémies secondaires à une surcharge pondérale sont améliorées par l'amaigrissement.

Le régime des hypercholestérolémies pures ou essentielles consiste à :

  • un apport énergétique adapté au poids du sujet (légèrement hypoénergétique en cas de surpoids), réparti de la façon suivante :
    - 12 à 15% de protéines
    - 30% de lipides (avec un rapport en acides gras essentiels oméga 6/oméga 3 = 5)
    - 55 à 58% de glucides (sous forme essentiellement de sucres lents : féculents et produits céréaliers)
  • la diminution des acides gras saturés (laurique, myristique, palmitique, ces derniers favorisant l'augmentation du Ldl cholestérol = "mauvais" cholestérol et l'agrégation plaquettaire = formation de plaques d'athérome), au profit des acides gras mono et poly-insaturés (oméga 3 et oméga 6 qui eux ont un effet bénéfique à la santé).
  • l'apport de cholestérol par l'alimentation ne doit pas excéder 300 mg par jour. (cf liste des aliments riches en cholestérol ci-dessous)
  • l'apport en fibres doit être augmenté pour atteindre si possible 30 g par jour. L'action des fibres sur les sels biliaires favorise l'excrétion de ces derniers, et entraine un effet hypocholestérolémiant. Ces fibres permettent également de façon indirecte de diminuer la synthèse hépatique de cholestérol.
  • la supplémentation en phytostérols (contenus dans certaines margarines végétales, les céréales, les amandes, les noix...) peut être intéressante. Le phytostérol entre en compétition avec le cholestérol qui est éliminé plus facilement. Pour être réellement efficace, cette supplémentation doit être importante (ex : 20 g de margarine type Proactive ou Ilot n'apportent que 2 g de phytostérols), il ne s'agit pas d'une solution miracle ! La quantité de matière grasse consommée, même végétale, doit s'inscrire dans l'équilibre nutritionnel de la journée et doit être raisonnée et raisonnable.

TENEUR EN CHOLESTEROL

DE CERTAINS ALIMENTS (pour 100g)

Aliments

Cholestérol (mg)

Produits laitiers :

- lait entier

- lait écrémé

- crème à 10% de MG

- crème à 30% de MG

- beurre

- fromage 30 à 45% de MG (moyenne)

- yaourt nature

- fromage blanc nature à 20% de MG

- 14

- 2

- 36

- 110

- 250

- 100

- 4

- 10

Oeufs :

- 1 jaune d'oeuf (20g)

- 1 oeuf entier (50g)

- 280

- 500

Viandes :

- boeuf (filet, rosbeef)

- veau (filet)

- porc (filet)

- mouton

- poulet, oie, pigeon, pintade

- 65

- 80

- 60

- 80

- 75

Abats :

- foie de boeuf

- foie de veau

- foie de porc

- rognon de boeuf

- rognon de veau

- rognon de porc

- rognon de mouton

- ris de veau

- cervelle de veau

- 265

- 314

- 340

- 450

- 400

- 410

- 400

- 250

- 2100

Poissons :

- flétan

- morue

- maquereau

- saumon

- truite

- merlan

- hareng

- thon

- 47

- 58

- 80

- 80

- 65

- 100

- 80

- 55

Crustacés et coquillages :

- langouste

- crevettes

- moules

- 208

- 180

- 50  

Le régime des hypertriglycéridémies :

Il dépend de la nature de l'hypertriglycéridémie.

Triglycéridémie endogène :

- Glucido-dépendante : le régime est hypoglucidique avec éviction totale du sucre (à remplacer par un édulcorant), sucreries. La consommation de fruit sera limitée à 1 par jour.

- Pléthoro-dépendante : le régime est hypoénergétique.

- Alcoolo-dépendante : suppression totale des boissons alcoolisées. Attention, le caractère quotidien de la prise d'alcool a autant d'importance que la quantité !

L'apport énergétique est réparti en :

- 20% de protides

- 30% de lipides

- 50% de glucides (avec suppression des sucres simples voire diminution des fruits)

Triglycéridémie exogène :

L'apport en glucides est limité (pas de sucres simples et limitation des fruits selon le poids du sujet). L'apport en matière grasse est également limité et strictement contrôlé, même les poissons "gras" sont exclus. Des huiles et margarines spéciales (à forte teneur en triglycérides à chaîne moyenne qui n'augmentent pas le taux plasmatique) pourront être utilisées à la place des matières grasses habituelles.

L'apport énergétique est réparti en :

- 25% de protides (apportés essentiellement par les végétaux, le pain et les laitages)

- 25% maximum de lipides

- 50% de glucides

Le régime des hyperlipidémies mixtes :

On combine le régime des hypercholestérolémie avec celui des hypertriglycéridémies endogènes.

L'apport énergétique est réparti en :

- 20% de protides

- 30% de lipides (Le poisson gras est autorisé)

- 50% de glucides (sans sucres simples)