Bien se nourrir

doit rester un plaisir !

Le diabète

est défini comme une élévation anormale du taux de sucre dans le sang (appelé glycémie). La glycémie peut s'exprimer en grammes par litre de sang ou de plasma ou en millimoles par litre qui est la notation scientifique (1g/L = 5,5 mMol).

Le diabète est défini comme une élévation de la glycémie au dessus de 1,26 g/L à jeun, lors de 2 mesures. Cette définition recouvre plusieurs aspects très différents de la maladie diabétique.

Les normales sont les suivantes :

- Glycémie normale à jeun = 0,80 à 1,20 grammes/L.

- Glycémies normales la journée et la nuit = la glycémie varie entre 0,80 à jeun et 1,40 g/L une heure après les repas.

Comme tous les êtres vivants, l'homme utilise le glucose comme source d'énergie. Il est donc important que la glycémie ne soit ni trop haute (hyperglycémie), ni trop basse (hypoglycémie).

Une seule hormone fait baisser la glycémie : l'insuline fabriquée par les cellules du pancréas appelées cellules ß (béta) de Langerhans car c'est cet étudiant en médecine allemand qui les a découvertes au 19e siècle dans le pancréas.

On s'est aperçu que le diabète revêtait deux formes différentes par leur hérédité, leur mécanisme, leur intensité mais que les deux formes pouvaient être amenées à nécessiter de remplacer l'insuline qui manque. D'ou l'idée de classer le diabète en DEUX TYPES. Mais attention ! Les frontières sont faites pour être franchies.

DIABÈTE DE TYPE 1:

il est dû à une destruction des cellules qui fabriquent l'insuline, les cellules ß des îlots de Langerhans (Pancréas endocrine), décrites par Paul Langerhans au siècle dernier. C'est une maladie "auto-immune" liée à un dysfonctionnement du système de défense de l'organisme. L'insuline, hormone indispensable à la vie, manque totalement et ceci souvent dès l'enfance. L'administration d'insuline permet une espérance de vie pratiquement normale.

Il survient en général avant 30 ans.

Il se manifeste par des signes majeurs : soif, urines abondantes, fatigue, amaigrissement massif, hyperglycémie, glycosurie massive et cétonurie.

Il évolue vers le coma acidocétosique en quelques jours ou semaines en l'absence d'administration d'insuline.

Il s'accompagne de la présence d'anticorps anti-pancréas (anti îlots, anti GAD) dans le sang.

La sécrétion d'insuline par le pancréas est très réduite ou nulle.

DIABÈTE DE TYPE 2 :

il est dû à un déficit de la fabrication de l'insuline mais non totale. De plus l'insuline est moins active lorsque le diabétique est obèse : il existe une insulinorésistance. C'est un diabète beaucoup plus fréquent que le type 1, survenant chez le sujet adulte.

Un traitement par comprimés antidiabétiques est souvent possible pendant longtemps.

Il existe donc des médicaments pour faire baisser le taux de sucre : 

- ceux qui stimulent la sécrétion de l'insuline qui existe encore dans votre pancréas

- ceux qui favorisent l'action de l'insuline en diminuant "l'insulinorésistance"

- ceux qui empêchent l'absorptionde sucre.

- ceux qui favorisent l'action de l'insuline en diminuant "l'insulinorésistance"

- ceux qui empêchent l'absorptionde sucre.

Le DIABÈTE DE TYPE 2, était encore appelé il y a peu de temps DIABÈTE NON INSULINODÉPENDANT (DNID). On a préféré le nouveau terme parce qu'un certain nombre de ces TYPE 2 échappent régulièrement aux autres traitements - régime et médicaments - et doivent impérativement être traités par l'insuline. De plus, est considéré comme TYPE 2...tout ce qui n'est pas un TYPE 1.

Votre voisine, votre chauffeur de taxi ou même votre concierge vous le diront : c'est la faute à la " bouffe sucrée. " Eh bien non ! Ces braves personnes se trompent.

Vous êtes diabétique parce que vous êtes né comme ça, avec la capacité de devenir diabétique. D'ailleurs vous retrouverez probablement dans votre famille un grand-père, un parent, un tonton, un petit-cousin qui lui aussi est diabétique. Même si vous ne le (la)trouvez pas il (ou elle) existe ou a existé.

Un diabétique de type 2 ne ressent des symptômes que lorsque le diabète se complique. Ces complications dégénératives et métaboliques peuvent être mortelles ou laisser des séquelles : acidocétose (pouvant entrainer un coma), déshydratation cellulaire, hypoglycémie, infections, troubles du métabolisme lipidique, amaigrissement, atteinte dégénérative des petits et gros vaisseaux (micro et macroangiopathies), athérosclérose, atteinte oculaire, néphropathies, neuropathies. Ces complications, sont en rapport avec la durée, l'importance du diabète, le déséquilibre du diabète lui-même mais aussi les facteurs de risques associés :

- L'hypertension artérielle

- L'hyperlipidémie

- L'alcool

- Le tabac

Le principal problème du diabète de type 2 est l'obésité. Si vous avez un surpoids, le fait de maigrir vous fera gagner des années dans l'évolution de votre diabète.

Traitement du surpoids :

- Exercice physique

- Diététique adaptée

EXERCICE PHYSIQUE ET DIABETE :

L’activité physique régulière est recommandée depuis longtemps aux patients diabétiques. Dans la population générale, une diminution de la morbidité vasculaire est observée chez les sujets présentant une capacité cardio-respiratoire élevée et/ou un haut niveau d’activité physique. Cet effet cardiovasculaire protecteur s’explique en partie par le fait que l’activité physique régulière améliore les anomalies du syndrome pluri-métabolique : augmentation de la sensibilité à l’insuline, diminution de la masse grasse, modification du profil lipidique dans un sens moins athérogène, augmentation de la fibrinolyse, diminution de la pression artérielle.... et diminution de l’incidence du diabète non insulino-dépendant (DNID). Les données montrent clairement que l’activité physique régulière doit faire partie de la prise en charge thérapeutique du DNID. Le diabète insulino-dépendant (DID) pose un problème différent. Il s’agit le plus souvent d’un patient jeune, sans surpoids ni facteurs de risque cardiovasculaires associés, qui souhaite continuer ou reprendre une activité sportive en toute sécurité, c’est à dire sans risque d’hypoglycémie, ni de décompensation du diabète. Chez ces patients, les recommandations sont plus difficiles à codifier compte tenu du manque de données dans la littérature, et reposent en grande partie sur l’experience acquise.

ACTIVITE PHYSIQUE ET DIABETE NON INSULINO-DEPENDANT

Effets bénéfiques de l’activité physique régulière chez le sujet atteint de DNID

  • Sur le métabolisme du glucose
    L’exercice physique possède un effet hypoglycémiant chez le sujet DNID comme chez le sujet sain, il peut ainsi aider les patients à contrôler leur glycémie au jour le jour.
    L’exercice physique régulier améliore également la sensibilité à l’insuline.
  • Sur la perte de poids
    L’entraînement physique modifie la répartition corporelle, à savoir augmente la masse maigre et diminue la masse grasse.
  • Sur l'incidence du DNID
    L’exercice physique régulier diminue le risque de survenue du DNID à l’âge adulte dans la population générale. Cet effet protecteur de l’exercice est d’autant plus important que le niveau d’activité physique est élevé au cours des années précédentes depuis l’enfance et l’adolescence. Il est plus marqué chez les sujets à risque (obèses, hypertendus, apparentés à un DNID) que chez les autres.

L’exercice physique possède un effet hypoglycémiant chez le sujet DNID comme chez le sujet sain, il peut ainsi aider les patients à contrôler leur glycémie au jour le jour.

L’exercice physique régulier améliore également la sensibilité à l’insuline.

Précautions à prendre :

  • L'intensité de l'exercice doit être faible au début, puis progressivement croissante. Mieux vaut privilégier les exercices d’endurance (cyclisme, marche à pied, jogging, natation, golf, ski de fond, voile) par opposition aux efforts de résistance comme l’haltérophilie, le lancer de poids ou la musculation qui sont des activités hyperglycémiantes pouvant avoir des conséquences cardiovasculaires et orthopédiques néfastes.
  • L’objectif est d’atteindre une durée supérieure à 30 mn pour induire les effets métaboliques favorables. Deux périodes de 5 à 10 mn, une d'échauffement et une de récupération active après l'exercice, seraient recommandées pour diminuer les douleurs musculaires et ostéoarticulaires ainsi que le risque d'hypotension orthostatique. Il s'agit par exemple de marcher pour les coureurs ou de pédaler contre une faible résistance pour les cyclistes.
  • Les sulfamides hypoglycémiants (cf tableau antidiabétiques oraux) sont susceptibles de majorer le risque d'hypoglycémie. Dans ce cas la posologie doit être adaptée. Il est par ailleurs possible qu'une diminution des antidiabétiques oraux soit nécessaire après un certain temps lorsque l'entraînement est efficace sur le contrôle métabolique.
  • L’hygiène des pieds doit être parfaite et le chaussage adapté à l’activité physique pratiquée.

ACTIVITE PHYSIQUE ET DIABETE INSULINO-DEPENDANT

Particularité de l'exercice musculaire chez le patient atteint de DID

Chez le patient DID, les concentrations plasmatiques d’insuline correspondent à l’insuline injectée et donc ne diminuent pas pendant l’exercice musculaire. Les risques d’hypoglycémie sont par conséquent majeurs si le patient ne diminue pas les doses d’insuline et/ou ne se supplémente pas en hydrates de carbone (glucides).

Les règles capitales :

- Programmer l'activité sportive

- Diminuer le ou les insulines couvrant la période de l'activité à condition que la glycémie capillaire soit correcte (<1,4 g/L). Cette diminution peut être de l'ordre de 30 à 50%.

- Etre bien équilibré. La glycémie capillaire avant l'effort est indispensable : si elle est inférieure à 0,8 g/L prendre au moins 15 g de glucides avant de commencer l'activité sportive; si elle se situe entre 1 g/L et 1,4 g/L, l'exercice peut être réalisé sans risque; si elle est supérieure à 2,5 g/L il faut s'assurer de l'absence de cétonurie qui nécessiterait de reporter l'activité sportive.

- L'autosurveillance doit être poursuivie pendant (lors des pauses ou de la mi-temps) et après l'exercice dans la mesure du possible et ce malgré les contraintes.

DIETETIQUE et TRAITEMENTS

Il n'existe pas qu'un seul type de régime adapté au diabète. En fait, chaque type de diabète a son régime, et allons plus loin, chaque diabétique doit suivre le régime qui lui est le mieux adapté par rapport à ses besoins, son activité physique et son mode de vie. C'est pourquoi ces quelques conseils ne sauraient remplacer une consultation personnalisée (médecin et diététicienne).

Le diabète de type 2 ou non insulino-dépendant :

Antidiabétiques oraux

Classe

Mécanisme d’action

Possible

effet

secondaire

Moment

optimum

de la prise

Biguanides

Réduisent la production

de glucose

par le foie et favorisent

l’action de

l’insuline sur les tissus

(muscle ++)

Troubles

digestifs

(diarrhée,

goût

métallique)

Au moment

du repas

(améliore la

tolérance

digestive)

Sulfamides

Stimulent la sécrétion

d’insuline

Hypo-

glycémie

(éviter de

sauter un

repas)

Avant

le repas

(mais pas plus de 30 mn

avant)

Inhibiteurs des alpha-

glucosidases

Retardent

l’absorption des glucides

ingérés

Troubles

digestifs

(météorisme abdominal)

Avant la

première

bouchée du

repas

Glitazones

améliorent la sensibilité à l’insuline des tissus

notamment

musculaires

et graisseux. Ils

permettent

de créer des nouvelles

cellules

graisseuses

qui pourront stocker le

sucre et les

graisses

circulant

dans le sang.

L’emploi

délicat

(risque

cardiaque?)

Prise de

poids, risque d'hépatite ou de rétention hydrosodée

Avant

le repas

Glinides

Agissent de

la même

façon que les sulfamides en stimulant la

sécrétion

d'insuline au cours du

repas

Hypo-

glycémie

Avant

le repas

Incretino-

mimétiques

Les

incrétines

sont des

substances

libérées au

début des

repas qui

stimulent la

sécrétion

d'insuline.

Elles sont

proches des

autres

insulino-

sécréteurs

comme les

sulfamides

hypo-

glycémiants, en moins

puissants

nausées ou

vomissements sont

fréquents

On ne

connaît pas encore les

effets

indésirables à long terme de cette

classe

théra-

peutique

Avant

le repas

Les antidiabétiques oraux sont utilisés lorsque les règles de mode de vie : diététique et exercice physique ne suffisent pas pour normaliser la glycémie. Ils ne dispensent pas des règles de mode de vie, mais les complètent. Ils peuvent êtres prescrits seuls, associés entre eux ou à de l’insuline.

Selon le traitement, il faudra tenir compte de la répartition des glucides sur la journée :

-Traitement par biguanides, inhibiteurs des alpha-glucosidases : peu de risque d'hypoglycémie = répartition inutile.

-Traitement par sulfamides, glinides : un fractionnement des apports glucidiques adapté au mode de vie est nécessaire.

Chez le sujet obèse ou en surpoids :

Les paramètres biologiques glucidiques et lipidiques sont améliorés par la perte de poids. La première intention est d'instaurer un bon équilibre alimentaire, normo ou légèrement hypoénergétique, en excluant au maximum les sucres d'absorption rapide, en limitant les graisses d'origine animale et en augmentant l'apport en fibres (elles diminuent l'effet hyperglycémiant d'un repas en ralentissant l'absorption des sucres et ont une action hypocholestérolémiante).

Chez le sujet normo-pondéral :

Le régime est normoénergétique équilibré, en excluant au maximum les sucres rapides et en contrôlant les apports en sucres lents. L'apport en fibres doit être augmenté (30 g par jour). Les graisses saturées doivent être diminuées au profit des graisses poly-insaturées. La consommation de poissons (même ceux dits "gras") doit être privilégiée.

Le diabète de type 1 ou insulino-dépendant :

 La plupart du temps, on adapte le régime au type d'insulinothérapie, aux horaires des injections et aux résultats des cycles glycémiques. Les principes du régime alimentaire sont les mêmes que ceux cités précédemment, en étant encore plus vigilant quant aux sucres rapides.

Aujourd'hui, le confort de vie du sujet diabétique prime lors de la mise en place de l'insulinothérapie. On parle d'insulinothérapie fonctionnelle, c'est-à-dire que c'est le traitement par insuline qui s'adapte au régime alimentaire et non l'inverse.

A la dose d'insuline lente (retard) dite "basale", on ajoute une dose d'insuline rapide ou analogue dite "prandiale" s'exprimant en unités (u) pour 10 g de glucides (G) :

  • : 2 u pour 10 g de G
    Déjeuner : 1 u pour 10 g de G
    Diner : 1,5 u pour 10 g de G
  • On peut ajouter 1 à 4 u si :
  • repas riche en glucides (> 120, 150 g)
  • repas riche en aliments à index glycémique élevé
  • repas riche en graisses (pouvant induire une résistance à l'insuline)
  • repas comprenant plus de 3 verres d'alcool (ce qui n'est ni recommandé ni raisonnable)

BONUS :